ISO 9001: 2015 La fin du RQ?

Personnage clé des versions 2000 et 2008, garant de l’application du système de management de la qualité, responsable de la mise en œuvre des processus, rapporteur devant la direction du fonctionnement et des besoins d’évolution du SMQ, relai et informateur en matière de qualité pour l’ensemble de l’organisme, le responsable qualité est mort.

Rappelons tout d’abord que si le responsable qualité n’est pas explicitement nommé tel quel dans la version 2008, il existe tout de même en tant qu’individu présenté dans le texte comme « représentant de la direction » ou encore membre de l’encadrement désigné par la direction pour occuper les responsabilités que l’on sait.

Comme en témoigne la version DIS (Draft International Standard) du nouveau référentiel, si la logique est conservée jusque dans sa version finale, et il est très probable que ce soit le cas, le responsable, membre de l’encadrement, représentant de la direction ou appelons-le comme on voudra, aura complètement disparu de la norme en 2015. Pourquoi ce reniement ? L’ISO signe-t-il vraiment l’arrêt de mort des RQ ?

En réalité pas tout à fait ; que les intéressés se rassurent, si la v2015 fait le silence sur l’individu, la fonction existe toujours. En effet, le texte précise que la direction doit désigner qui a la responsabilité du SMQ. Quelle différence ?, me direz-vous ; eh bien un détail seulement, une nuance : « qui » n’est pas forcément un individu. Cela signifie que la fonction peut être occupée par une personne (le RQ) ou par plusieurs. Les responsabilités peuvent à présent être partagées si cela est profitable pour l’organisme, ou tout simplement plus en adéquation avec son organisation, sa structure ou sa stratégie à condition bien évidemment que la somme (ou plus précisément l’union, au sens algébrique) des champs de responsabilités couvre le domaine de définition complet de la fonction. On peut ainsi imaginer qu’une direction confie par exemple à chacun de ses responsables de processus la tâche de manager la partie de la qualité inhérente à son domaine.

Les RQ ne disparaissent donc pas mais il est possible que leur nombre diminue si la nouvelle ouverture proposée par la norme fait des adeptes.

L’évolution va cette fois encore dans le sens d’un assouplissement des règles, ce qui fait un bon point de plus à la version 2015 qui apporte, en dépersonnalisant le RQ, un degré de liberté supplémentaire aux organismes.

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